VENT DE TERRE

Fruits et Légumes

Rue d'Angleur 92

4130 Esneux

Belgique

coop@ventdeterre.be
https://www.ventdeterre.be/

VENT DE TERRE est un projet de maraîchage diversifié en agroécologie, avec une grande diversité de légumes cultivés (plus de 80 variétés).

La coopérative est installée à Écotopia, près de Tilff, où la surface cultivée atteint 6.000 mètres carrés. Elle possède également un second terrain à Mehagne.

Il y a quelque temps. (1/03/2020), nous avons rencontré une partie de leur équipe et avons partagé agréablement leur temps de midi. En quelques questions-réponses, nous souhaitons au mieux vous (re)présenter leur projet multi-facettes et engagé :

> Quand, comment et, surtout, pourquoi avez-vous lancé votre projet ?

“Notre raison d’être est d’incarner le changement que nous voulons voir dans le monde. Nous avons bâti notre projet sur 3 valeurs que nous partageons : respect, amour et humilité. Comment ? En prenant soin de la planète, au quotidien, ainsi que de l’Humain. En mangeant mieux, pour notre corps et pour la Terre. En vivant autrement aussi, dans les petits gestes du quotidien : se rendre compte que l’eau potable est précieuse, que consommer “responsable et éthique” peut faire changer les choses, etc. C’est pour cela que nous avons créé Vent de Terre, et que nous allons continuer à vivre à fond cette aventure. Parce qu’il est de notre responsabilité de transmettre un monde vivable à nos enfants, parce que nous n’avons pas le droit de le leur voler pour satisfaire nos propres “besoins” qui ne sont souvent que des envies créées par la société de consommation.

Pour commencer, en 2016, Gabriel a lancé seul son activité de maraîchage puis a été rejoint par Vincent, fraîchement revenu et enrichi de son expérience au Hameau des Buis (l’éco-village intergénérationnel ardéchois), puis par Christian. Au départ, le projet était uniquement installé sur le site d’Ecotopia (Tilff) puis s’est élargi sur le terrain du Carmel de Mehagne. Il a alors fallu agrandir l’équipe qui, aujourd’hui, est composée de 7 membres : Gabriel, Vincent, Christian, Murielle, Raphaël, Laurence et Elsa.

Outre le maraîchage, nous possédons également des fruitiers, faisons du pain et, par ailleurs, de la transmission, notamment via le Jardin Pédagogique et les Mercredis Nature.

Les terrains de Tilff et de Mehagne sont très différents. À Tilff existe une très belle biodiversité mais, en revanche, nous avons dû faire énormément d’aménagements afin d’adapter le lieu à notre type de travail. À Mehagne, c’est l’inverse ! Nous sommes en train d’y créer une biodiversité plus riche mais, d’un autre côté, nous sommes parti·e·s de zéro donc nous avons pu penser l’endroit en fonction de notre projet et fort·e·s de notre expérience. À partir de mars 2020, nous serons partagé·e·s entre ces deux sites (à présent, il y a presque autant de travail de chaque côté !), tout en conservant une belle communication et une forte cohésion au sein de notre équipe.”

> Vous utilisez des techniques liées à l’agroécologie. Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce que ça implique dans votre travail ?

“L’objectif est de travailler avec un sol vivant, donc un sol qui est manipulé le moins possible. En agroécologie, nous ne retournons pas le sol mais nous l’aérons et l’ameublissons (le rendre meuble pour pouvoir repiquer), à la campagnole et à la grelinette. De cette façon, l’écosystème – favorable voire indispensable à la culture – est conservé. Nous n’utilisons, bien entendu, aucun pesticide ni aucun engrais chimique. Le sol est plutôt nourri avec du fumier, du compost et de l’engrais vert (culture servant à nourrir le sol lui-même).

Par ailleurs, nous mettons un point d’honneur à respecter la biodiversité existant autour de nos cultures (champignons, arbres, etc.) car tout est interconnecté ! Nous fonctionnons également avec la rotation des cultures et l’association de cultures. Notre objectif est que les légumes puissent aller chercher tout ce dont ils ont besoin eux-mêmes, sans qu’on doive le leur apporter, ce qui évite qu’ils soient essentiellement remplis d’eau et qui décuple leur valeur nutritive !

Nous arrosons nos cultures via des tourniquets et non via un système d’irrigation en plastique, notamment parce que ce dernier devrait être régulièrement jeté et remplacé. Et, une dernière chose : étant donné que nous ne devons pas prévoir d’espace pour le passage de machines, l’espace de culture est optimisé. Ceci, additionné au fait que nous cultivons plusieurs variétés de légumes par planches, rend nos surfaces rentables !”

> Y a-t-il des fruits/légumes dont vous favorisez la production?

“Les seuls légumes que nous ne proposons pas sont les gros oignons et les patates. Mais, à part cela, nous souhaitons vraiment faire de tout, en fonction des saisons !”

> Pourriez-vous nous en dire plus sur ce que vous proposez en terme de transmission et pourquoi ?

“Nous voulons proposer l’accès à un lieu où l’on se respecte, où l’on respecte les autres et la nature qui nous entoure. Nous souhaitons transmettre le respect de la Terre dès le plus jeune âge. Notre mission au cœur du jardin pédagogique du Carmel est la suivante : permettre à chacun·e de vivre des expériences riches avec bienveillance, respect et liberté. Nous pensons que transmettre aux enfants le respect de la Terre en vivant concrètement les choses leur laissera un souvenir indélébile qui les invitera tôt ou tard à se relier à elle et à la respecter.

En parallèle de l’accueil de groupes, nous organisons également des formations en agroécologie, des ateliers (à prix libre) et des stages pendant les vacances. Certaines écoles ont même leur propre potager au sein du terrain que nous occupons à Mehagne et nous les accompagnons !”

> Vous fonctionnez sur un mode de gouvernance participative : comment et pourquoi avez-vous mis cela en place ?

“Cela fait partie de ce que nous avons envie de vivre et, surtout, de comment nous avons envie de vivre ! Murielle est coachée à ce sujet et transmet son apprentissage au reste de l’équipe. Même si cela nous paraît être fondamental, c’est assez difficile à mettre en place. Nous avançons étape par étape et cela se passe bien. La communication est plus efficace et les rôles sont mieux définis, ce qui nous responsabilise et nous permet plus d’autonomie. En somme, l’Humain a une influence encore plus importante qu’auparavant !”

> Outre votre activité économique de maraîchage, vous avez également pris certains engagements sociaux. Quels sont-ils ?

“En effet, différentes choses ont été mises en place ! Par exemple, un groupe de personnes handicapées vient travailler avec nous tous les lundis matins. Par ailleurs, nous mettons un point d’honneur à la réinsertion et à la création d’emploi. Nous travaillons notamment avec des articles 60. À ce propos, l’un d’entre eux, Julian, va certainement être engagé à la fin du processus de réinsertion !”

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